Entre la chaudière ou la pompe à chaleur et les radiateurs, l’eau chaude parcourt parfois des dizaines de mètres de tuyaux. Quand ces canalisations traversent une cave, un vide sanitaire ou un garage non chauffés, elles réchauffent des pièces où personne ne vit. Calorifuger ses tuyaux, c’est-à-dire les gainer d’un isolant, fait partie des travaux les plus simples et les plus rentables d’une rénovation énergétique.
Pourquoi isoler les canalisations
Un tuyau d’eau chaude nu se comporte comme un petit radiateur. Dans une pièce chauffée, cette chaleur n’est pas vraiment perdue. Dans un local froid, en revanche, elle s’échappe en pure perte, et l’eau arrive plus tiède aux émetteurs ou au robinet.
Les fournisseurs d’énergie et les acteurs du secteur estiment que des réseaux mal isolés peuvent représenter jusqu’à 20 % de pertes sur le chauffage ou l’eau chaude, selon la longueur des tuyaux et la température des locaux traversés. Le chiffre réel dépend de chaque logement, mais le gain est d’autant plus net que les tuyaux sont longs et que les pièces traversées sont froides.
Le calorifugeage a aussi d’autres effets utiles :
- l’eau chaude sanitaire arrive plus vite au robinet, ce qui évite de laisser couler l’eau ;
- les tuyaux d’eau froide isolés sont mieux protégés contre le gel en hiver ;
- la condensation sur les tuyaux froids, source d’humidité dans les caves, diminue.
Quels tuyaux isoler en priorité
Commencez par repérer le trajet de vos canalisations. Une caméra thermique aide d’ailleurs à visualiser les tronçons qui chauffent le plus. Les priorités sont, dans l’ordre :
- Les départs de chaudière et de ballon d’eau chaude, souvent installés en cave ou en garage, où la température de l’eau est la plus élevée.
- Les tuyaux qui traversent des locaux non chauffés : sous-sol, vide sanitaire, combles, garage.
- La boucle d’eau chaude sanitaire, si votre installation en possède une.
- Les tuyaux d’eau froide exposés au gel.
Les tuyaux qui courent dans les pièces de vie peuvent rester nus : leur chaleur profite au logement. Pensez aussi aux points singuliers, vannes, circulateurs et raccords, qui perdent beaucoup et sont souvent oubliés. Des coquilles spécifiques existent pour les habiller.
Quel isolant choisir
Deux grandes familles d’isolants se partagent le marché du calorifugeage chez les particuliers.
Les manchons en mousse
Mousse de polyéthylène ou caoutchouc synthétique (élastomère), ils sont fendus sur la longueur et se clipsent autour du tuyau. Faciles à poser, ils conviennent au chauffage basse et moyenne température et à l’eau chaude sanitaire. L’élastomère résiste mieux à la chaleur et à l’humidité que le polyéthylène d’entrée de gamme.
Les coquilles en laine minérale
En laine de roche ou de verre, souvent revêtues d’un film aluminium, elles supportent des températures élevées. Elles sont adaptées aux départs de chaudière et aux réseaux très chauds.
Dans tous les cas, regardez deux critères : le diamètre intérieur, qui doit correspondre exactement à celui du tuyau, et l’épaisseur d’isolant. Plus elle est importante, plus les pertes baissent. Les isolants sont classés par niveau de performance ; pour bénéficier d’une prime, une classe minimale est généralement exigée.
Comment poser l’isolant soi-même
Le chantier est à la portée d’un bricoleur. Mesurez le diamètre extérieur des tuyaux et la longueur à couvrir, puis :
- nettoyez les tuyaux et vérifiez qu’il n’y a pas de fuite ;
- ouvrez le manchon, enfilez-le sur le tuyau et refermez la fente avec la bande adhésive intégrée ou un adhésif adapté ;
- coupez les angles à 45 degrés pour habiller les coudes sans laisser de jour ;
- jointoyez soigneusement les raccords entre manchons, car chaque interstice laisse filer la chaleur.
Attention dans les logements anciens : certains tuyaux étaient autrefois isolés avec des matériaux contenant de l’amiante. Si vous découvrez une vieille gaine grise ou blanche, friable, ne la retirez pas vous-même et faites-la diagnostiquer.
Combien ça coûte et quelles aides
Les manchons en mousse se trouvent en magasin de bricolage pour quelques euros le mètre. L’Ademe indique un ordre de grandeur de 5 à 10 euros par mètre linéaire pour un calorifugeage réalisé, ce qui reste modeste au regard des économies.
Le calorifugeage des réseaux de chauffage et d’eau chaude peut être financé par les certificats d’économies d’énergie (fiche BAR-TH-161), surtout dans les logements collectifs et sur des réseaux longs. Les conditions évoluent régulièrement : vérifiez-les auprès d’un conseiller France Rénov’ avant de signer un devis, et méfiez-vous des démarchages promettant des travaux gratuits.
Pour aller plus loin, pensez à régler correctement votre ballon d’eau chaude, et à traiter les autres postes de déperdition, en commençant par les parties de la maison à isoler en premier.
